Toutes ces questions que je ne pensais pas me poser un jour

Parce qu’avant d’avoir des enfants, bien sûr tu t’interroges sur le sens de la vie, l’heure à laquelle tu vas sortir dans les bars, et si oui ou non tu dois boire ce dernier mojito alors que ton corps est ici et ton esprit en train de faire du Kite surf en Australie… Et ensuite, quand tu deviens parent… Ça se complique un peu…

Voici donc le top 10 (mais finalement c’est un top 9 parce que je suis déjà en retard pour l’école et que les gosses se battent dans le salon au lieu de mettre leurs chaussures) des questions qu’on ne se pose jamais avant d’avoir des enfants : Lire la suite

Mais t’es pas là, mais t’es où ?

« Pas là 🎶 » n’est surement pas la réponse que vous attendez. « Dans ton cul » non plus. Je suis là les gars, je n’ai juste plus du tout le time d’écrire…

En plus d’avoir 2 gosses, une baraque, un mari, la bouffe, les sacs, l’activité peinture qui déborde sur les murs et tutti quanti, j’ai un métier qui occupe bien mes journées. Et ma pause dej’ s’accompagnant désormais d’un épisode de Game Of Thrones (j’ai 6 saisons à rattraper) (suis-je seule conne à découvrir ce truc mille ans après tout le monde ??), je n’ai pas le temps de vous raconter ma vie passionnante.

Game Of Thrones + le taff + les machines + la bouffe + les gosses qui se battent avec des sabres laser dans le salon, navrée les gars mais l’écriture n’a pas sa place dans l’équation !

J’avais en plus mon corps de rêve à entretenir, mais je dois vous avouer que cette mission a finalement été un gros FAIL, j’ai donc dû chercher un maillot 1 pièce GAINANT pas trop cheum, histoire de trouver un compromis entre « je n’ai plus 13 ans, je ne fais pas un 36, je ne peux décemment pas porter un triangle à ficelles » et « je n’ai pas encore 85 ans, je n’aime pas les motifs floraux, je ne peux décemment pas porter une combi de plongée ».

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Mes maillots coup de cœur

J’ai finalement trouvé mon bonheur. L’inconvénient de la chose réside dans la partie « gainante » de l’histoire : quand tu l’enlèves, t’es beaucoup (beaucoup) moins gainée, on voit donc bien que t’as eu 2 enfants et que tu préfères la raclette aux salsifis.  Breeeef, maintenant que j’ai trouvé un maillot gainant correct qui m’a couté le PIB du Guatemala, autant vous dire que je ne vais pas me mettre au régime demain, sinon y’aura plus rien à gainer. Je serai maigre dans une autre vie.

On est aussi parti en vacances, avec les gosses bien sûr (je rappelle que l’abandon d’enfants et d’animaux sur le bord de la route est réprimandé par la loi) et on a bien ri… Un mobil-home de 30m2, deux enfants dans la même chambre, avec le dernier qui une fois debout dans son lit parapluie est à hauteur d’interrupteur, ça vous parle ? (On a carrément débranché l’ampoule) (c’était ça ou on coup de pelle pour l’enfant dernier, il a fallu choisir). Mais c’était chouette, du soleil, la mer, 40mn par jour (x2 enfants) d’étalage de crème 50, d’enfilage de couche piscine et de brassards, de petites voitures qui tombent entre les lattes de la terrasse et surtout (surtout) 2 tonnes de sable tous les jours sur ma serviette. (#Bonheur)

Sinon on a aussi décidé de faire une virée en famille au Puy Du Fou, et c’était vraiment canon. Sauf la queue… Sauf la pluie… Sauf Vianney (d’où le titre de l’article !) assis à 3m de moi qui ne m’a pas dit « Hey salut Cindy, toujours aussi canon, ça fait plaisir de te voir ici !! » … Mais sinon c’était top… Sauf quand tout le monde s’est foutu de la gueule de mon poncho (alors que 2h après ils en avaient tous un sur le dos) … Et sauf quand j’ai cru mourir de peur dans la reconstitution d’une tranchée de la guerre 14 (la nouvelle attraction qui s’appelle « Les amoureux de Verdun ») (Comptez pas sur moi pour vous aider en cas de nouveau conflit, j’étais à deux doigts de chier dans mon froc dans ce truc, alors imaginez en vrai…) Nan vraiment, les moments en famille, y’a que ça de vrai ! ❤

Enfin voilà, j’ai fait mille choses qui m’ont pris tout mon temps… Ça c’était cet été, je ne vous raconte pas le reste, pas le temps, j’ai peur d’être ménopausée avant d’avoir terminé.  Je vous écrirai quand les gosses auront 18 ans… Ou dans une autre vie ! (Celle où j’ai aussi prévu d’être maigre)

La vérité sur mes vacances ☼

Je suis à deux doigts de tomber en dépression… Moi ce que j’aime, c’est le soleil. Et voyez vous, du soleil, je n’en vois pas…

Déjà je la joue rebelle, je porte mes sandales depuis 1 mois et demi, même sous la pluie. Alors j’attends avec impatience les vacances, les 35 degrés, les baignades qui durent des heures, les soirées arrosées, …

Nan je déconne, j’ai deux gosses. Et avec deux gosses, les vacances ressemblent plus à Raymond à Hénin-Beaumont qu’à David Guetta à Ibiza.

Je suis blanche comme la mort, mon corps de déesse est décédé en même temps que mon périnée et j’ai du chercher un maillot 1 pièce pas trop dégueu pour cacher la misère et avoir l’air d’une bombe qui n’a pas du tout 20kg de trop (#MissionImpossibleTaMère).

Breeeef… Moi mon kiff de base, c’est de partir trèèès loin sur la côte d’azur pour avoir trèèèès chaud et beauuuucoup de soleil. Mais tu comprends, 12 heures de route, avec deux gosses qui pissent, mangent et pleurent toutes les 2 heures, ça se complique. Donc mon mari a gentiment suggéré que cette année, on parte un peu moins loin. Adieu la mer transparente, les cigales et le département du Var, bonjour les vagues, les moustiques et les nuages ! (Ooo ça va, je sais, faut pas se plaindre, y’en a qui partent pas en vacances… Mais quand mêmeeee ! J’ai déjà du faire le deuil de mes grasses mat’, si en plus je dois tirer un trait sur les cigales…)

Je disais donc, on se baignera dans la mer (pas transparente). Sauf qu’avant de se baigner il faudra mettre de la crème 50 aux gosses, leur enfiler les brassards, leur mettre un chapeau, porter le grand qui ne voudra pas marcher dans les coquillages, et porter le petit, qui ne sait pas marcher tout court. On pourra se tremper 2 minutes, ensuite on devra sortir parce que le grand aura froid et que le petit aura fait caca.

Quand on aura récupéré le parasol qui s’est envolé, le grand voudra faire le château de Chambord en sable mouillé (sur 35 étages, avec des douves, un pont levis et une voiture de Cars en bas) et le petit voudra marcher à 4 pattes dans le sable brulant, parce que c’est bien connu, à 7 mois on n’a pas envie de rester bien sage sur une serviette de 15 centimètres carrés. Je me vois déjà leur proposer de les enterrer, pour avoir la paix. (Ça vaaaa, je leur laisserai la tête hors du sable !)

Alors qu’on aurait pu bronzer quand le soleil est au zénith, et somnoler sur nos transats, il faudra rentrer manger à midi pile (les gosses ont une horloge interne qui les fait chialer si vous dépassez l’heure des repas) et faire la sieste, enfermés dans notre mobile home.

Supposons qu’après la sieste on veuille aller à la piscine, même lot d’emmerdes que le matin, le sable en moins. Le petit aura les genoux écorchés à marcher à 4 pattes autour de nous, et il faudra expliquer au grand que « non, on ne peut pas jouer au foot ici, tu peux aller te baigner, mais attention de ne pas te noyer, reste près de maman, nan mais pas collé non plus, tu vois bien que j’ai déjà ton frère, demande à papa de jouer avec toi, il est où papa ? Nico, t’es où bordel ?! »

Le soir, on aurait pu boire moult mojitos en faisant des mots croisés (et l’amour) jusqu’à pas d’heure sur la terrasse (tu noteras que mon kiff des vacances n’est pourtant pas si extravagant…), mais finalement non, parce que le biberon de 6h45 est beaucoup plus compliqué quand tu t’es couché au milieu de la nuit à moitié murgé…

Voila voila, je sens que ça va être méga chiant fun.

Finalement on est pas mal au boulot, avec un gosse à l’école et l’autre chez la nounou… J’me demande si c’est pas ça, le plus reposant. Venez, on n’a qu’à annuler les vacances d’été !

(Je déconne bien sur… Je vous souhaite de bonnes vacances, et je vous rappelle qu’il est interdit d’abandonner les chiens et les enfants sur les aires d’autoroutes.)

(Enfin si, les enfants on peut, mais seulement avant qu’il aient l’âge de parler et donc de donner aux flics leur nom de famille.)

 

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Chambre 205

De temps en temps, quand on crève d’envie de dormir, de ne plus entendre pleurer et de se contempler mutuellement la toison, avec mon mari, on envisage un p’tit week end en amoureux.

En ce moment, on est un peu au bout du rouleau, entre le grand qui rentre de l’école et qui nous demande si « ferme ta gueule » est un gros mot parce son copain Martin dit ça à tour de bras, le p’tit qui a subitement décidé que réclamer un bib à 4h du mat était vachement mieux que de pioncer toute la night, et la gastro qui a posé ses valises pour nous faire chier (une blague se cache dans cette phrase), on est servi.

Le week end dernier, ni une ni deux, on a décidé de lourder les gosses chez belle-maman, de réserver un hôtel au bord de la mer et de se casser, sans biberons, sans lingettes, sans le sac à dos plein de jeux, sans couches, … Bref, sans emmerdes. On a trouvé un hôtel les pieds dans l’eau, avec lit king size et vue à couper souffle.

On est arrivés, on nous a ouvert la porte (comme si on n’avait pas de bras), proposé de porter nos effets personnels (comme si on avait besoin de quelqu’un pour porter notre petite valise aux roulettes défoncées contenant 2 slips et 2 brosses à dents), indiqué qu’on logerai chambre 205, appelé l’ascenseur et accompagné jusqu’à la dite chambre (comme si on allait se paumer). J’ai eu l’impression d’être Lady Di, le Pont de l’Alma en moins.

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Arrivés dans la chambre, on a fait les gens bien élevés, on a gardé nos bouches fermées même si nos mâchoires avaient envie de se débrocher, et quand la gentille dame nous a laissé, on a commencé à kiffer. Kiffer consistant  à balancer ses chaussures à travers la chambre et à se jeter sur le lit, pour mon mari. (Il a douze ans.)

On a ouvert les baies en grand, fermé les yeux et savouré le bruit des vagues (équivalent au silence quand en temps normal tu as deux gosses en bas age).

Notre terrasse privée donnait juste au dessus de la mer, la vue était juste à couper le souffle. (A marée basse t’as juste à sauter du balcon pour aller pêcher des berniques. Mais était-ce le sujet du week end ? Pas du tout.)

terrasse

Moquette sur laquelle tu voudrais marcher pied nus toute ta vie, petit salon, salle de bain qui coute deux fois le PIB de la Grande Bretagne, avec une douche dans laquelle tu pourrais rentrer à 20 et « pommeau de pluie » intégré au plafond, et la vue, la vuuuue BORDEL !

 

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On a jeté nos fringues partout dans la chambre, fais des trucs à la DSK, squatté la douche pendant 3 plombes, enfilé les peignoirs molletonnés, puis on s’est préparé, on a été se balader, manger au resto, puis on a dormi. Sans bruit. Sans pleurs. Sans biberons. (Nan en vérité on s’est inquiété parce que ma belle mère a éteint son téléphone à 17h et qu’elle ne nous a plus donné de nouvelles de nos marmots, et en bons parents complètements débiles, on a paniqué.) Du coup on a eu le temps de profiter du lit tellement confortable qu’on croirait dormir à la Maison Blanche, de la couette triple épaisseur et des 90 oreillers à mémoire de forme.

Le lendemain matin, on nous apporté notre petit (gros) déjeuner dans la chambre, on a ouvert les baies pour manger en profitant du bruit des vagues, et on a savouré.

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Enfin… J’AI savouré. Parce que mon mari, lui, n’a pas profité de grand chose. Comme la gastro l’avait épargné, elle a fait demi-tour pour venir le saluer. Cette conne.

Du coup on a écourté notre week end. C’est dommage. On va être obligés de revenir. Bientôt, j’espère.

Chambre 205.

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C’est pas d’ma faute si ça déborde

Depuis que je suis en age de procréer, j’entends « tu verras, avoir des enfants, ça change la vie ! ». Et je confirme, pour changer la vie, ça change la vie !

Ça fout même un sacré bordel ! Genre tu serais bourré, tu te serais vomi dessus, tu n’aurais pas dormi depuis 72 heures, tu aurais autant de responsabilités que Barack Obama, mais… tu aurais des moignons à la place des bras. (Si tu n’as pas compris cette phrase, c’est normal.) Devenir parent, clairement, ça chamboule, ça change ton sens des priorités, ça ruine tes nuits, fait exploser ton cœur et rend tes vacances beaucoup plus merdiques moins simples (rapport au sable dans la bouche, à l’envie de faire caca au milieu de la plage et à la combo gagnante crème indice 50 / brassards moches de héros Disney). Lire la suite

Le jour où ce qui restait de mon périnée est décédé (Naissance de bébé 2)

Voilà. Ça y est. On y est. Après t’avoir raconté comment j’ai survécu une première fois à cette putain formidable expérience, je vais te raconter comment j’ai été assez conne pour y retourner, et pourquoi, cette fois, mon mari n’a même pas eu le temps de grignoter.

Samedi 7 Novembre

Je suis au bout de ma life. Je suis grosse (Enfin pas vraiment, toi même tu sais quel corps de rêve j’ai en temps normal ! Ba là j’avais le même corps de rêve, avec une légère boursouflure devant.) Je ne peux plus mettre mes chaussures seule depuis plusieurs semaines, ma toison pubienne est plus dense que la forêt des Landes (mais je m’en cogne je ne la vois plus) et mes culottes ont l’air d’avoir rétréci au sèche linge. De 12 tailles. (Si, c’est possible ! Silence !) J’ai tout essayé, je marche, je lave les vitres, je monte l’escalier à tout vitesse, je laisse mon mari me tripoter tous les soirs dans l’espoir que ça donne autant de résultats qu’un décollement de membranes, je bois des tisanes de sauge, je pisse de la sauge, je respire de la sauge. Si j’avais pu je m’en serais collé un peu dans le nez et un peu dans le fion, mais parait que ça n’aurait rien changé. [Et je ne suis pas folle, vous savez…] J’ai des contractions toutes les nuits, je ne dors plus, je ne peux plus rien faire à la maison, j’en ai ma claque de bouffer des cracottes sans beurre au p’tit dej’, des légumes à tous les repas et des yaourts sans sucre en dessert (Le diabète gestationnel, ce rat !) Je veux retrouver ma vie, je veux prendre l’apéro, je veux des culottes à ma taille, je veux que mon locataire arrête d’aqua-biker dans mon utérus à pas d’heure, je veux qu’on me foute la paiiiix !! Lire la suite

Les premières lignes de notre histoire.

J’aurais pu écrire un article décalé et drôle sur mon accouchement, parce que vous faire rire me divertis et que coucher les mots sur une page blanche, surtout quand c’est drôle, me fait vraiment délirer. Mais je n’y arrive pas. Pas encore. Bientôt peut être.

Je n’arrive pas encore à en rire parce que notre histoire n’est pas classique mon ange. Il est unique, le roman des premières heures de notre vie à deux, un peu différent de ce que j’avais imaginé, mieux surement que ce qu’on nous avait annoncé, mais pire que ce que je m’étais finalement imaginé.

Tu es né le 8 novembre, il y a quelques jour seulement, et tu avais l’air d’aller plutôt bien, tu cherchais mon sein, et ton corps tout chaud contre le mien après ces deux heures d’enfer pour te mettre au monde m’a paru tellement doux… Et tout s’est accéléré, la puéricultrice est venue t’ausculter et m’a demandé depuis combien de temps tu respirais comme ça… Je n’ai pas paniqué, plusieurs personnes sont arrivées, elles t’ont toutes observé, et m’ont proposé de te câliner parce qu’elles savaient déjà que nous allions être séparés.

Tu es descendu de deux étages, direction une couveuse en néonatologie, qui surveillait l’oxygénation de ton sang, les battements de ton coeur, et tout ce dont une maman ne devrait pas avoir à se préoccuper. On m’a prévenu qu’il y avait deux options : Soit tout s’arrangeait rapidement, tu ne serais qu’un petit flemmard qui avait eu un peu de mal à prendre son souffle, soit tu ne pouvais pas rester autonome, et tu serais transféré au CHU, car les équipements ici n’était pas suffisants pour t’aider.

A 21h, alors que j’espérais un appel de la pédiatre m’informant que tu revenais à mes côtés, elle a toqué à ma porte et j’ai vu à son air désolé que les nouvelles n’étaient pas bonnes. Elle m’a expliqué que tu avais beaucoup de mal à respirer, que tu ne t’oxygénais pas assez, et que tu te fatiguais énormément. Elle a caressé mon bras et m’a dit que je pouvais venir te voir pendant 30 minutes, jusqu’à l’arrivée du SAMU, qui venait te chercher pour t’assurer une meilleure prise en charge en réanimation pédiatrique au CHU.

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Je crois me souvenir que mon coeur a loupé un battement, de te savoir si petit, partir loin de moi, nous qui nous connaissions à peine… Et puis mon caractère a pris le dessus, j’ai relativisé, et compris que finalement l’essentiel si tu ne pouvais pas respirer seul était que quelqu’un puisse t’aider, te surveiller, te permette de vivre. Je n’ai pas beaucoup pleuré, ce n’est pas mon genre, j’ai pris sur moi, je t’ai regardé, j’ai vu ta poitrine se soulever de façon tellement étrange, j’ai entendu biper, les chiffres étaient dans le rouge, ils me paraissaient incompréhensibles et pourtant j’étais pleinement consciente que rien n’allait pour toi, et qu’il était urgent que quelqu’un t’aide enfin à reprendre ton souffle. J’ai respiré, je les ai regardé t’emmener, j’ai prié, et sans réfléchir, j’ai dormi. Dès les premières lueurs du jour, je t’ai rejoint, dans un nouveau lieu, inconnu, et pourtant il semblait évident que tu étais mieux ici. J’ai pris sur moi, surmonté les douleurs physiques de mon accouchement, surmonté la peur de ne pouvoir veiller sur toi, d’être celle qui t’a créé, mis au monde et qui se retrouve impuissante, pour passer des heures à tes côtés, sans flancher. Puis tu as fini par aller mieux, les autres enfants dans les chambres voisines avaient l’air d’aller tellement plus mal que toi… Les bips, les courbes, les perfusions, les sondes, ton petit corps au milieu de ce si grand berceau… Impossible de douter, de craquer, il fallait regarder en avant et se dire que tout allait s’arranger. Puis je t’ai récupéré, on est rentrés, on a débuté notre nouvelle vie à 4 et je me suis dit que tout ça était derrière nous, juste un mauvais souvenir déjà loin. Jusqu’à ce que je tombe sur une émission de télé qui relatait une histoire similaire à la tienne, celle d’un petit garçon en détresse respiratoire séparé de sa maman. Mon coeur a à nouveau loupé un battement, et je me suis précipitée pour éteindre l’écran. 

Alors j’ai compris que peut être cela n’était pas complètement derrière nous, pas encore digéré, que finalement cela n’avait pas été si simple que j’avais bien voulu l’avouer, qu’on n’est pas obligé d’être fort, qu’on a le droit de dire que c’était dur. Dur d’avoir été séparés alors que je n’avais même pas eu le temps de respirer ton odeur, dur de t’avoir vu souffrir, d’avoir été tellement impuissante, moi dont le rôle est de veiller sur toi, dur de me dire que d’autres t’ont surveillé, aidé, bercé, nourri, alors que c’était ma place. J’ai du accepter et admettre que oui, j’ai compté les heures de câlins qu’on a manqué, oui une partie de moi est toujours furieuse que d’autres aient volé ma place de maman, même si je sais que c’était pour ton bien, oui je m’en suis voulu de ne pas avoir pu te protéger, de ne pas avoir entendu tes pleurs pendants plusieurs heures, de ne pas avoir pu te serrer contre moi, alors que tu découvrais juste ce monde. Oui les nuits sont courtes, oui je t’écoute respirer pour me convaincre que ça va aller, oui j’ai du mal à te partager, à regarder les autres te bercer. Je te veux à portée de bras, de vue, pas loin, juste à côté, je veux te respirer à volonté, t’avoir contre moi pour toujours, jusqu’à ce que j’oublie, ou au moins jusqu’à ce que ça fasse moins mal. Parce qu’en vérité c’était court, et ça s’est bien terminé. Mais tu m’as tellement manqué…